University of Dschang, Cameroon
Histoire
La colonisation de l’hinterland africain par les puissances européennes entre le XIXe et le XXe s’accompagne de la création des sphères d’influences délimitées par des frontières. Celles-ci divisent les peuples africains ayant en commun... more
La colonisation de l’hinterland africain par les puissances européennes entre le XIXe et le XXe s’accompagne de la création des sphères d’influences délimitées par des frontières. Celles-ci divisent les peuples africains ayant en commun des éléments géographiques, socio-politiques, culturelles, historiques entre autres. Tel est le cas des Bamoun et des Banso, peuples tikar du Cameroun lorsque ce territoire fut partagé entre la France et la Grande-Bretagne de 1916 à 1961. Comment le patrimoine socio-culturel des Bamoun et des Banso leur permit-il de surmonter l’obstacle posé par la frontière franco-britannique entre 1916 et 1961 ? Les sources écrites (archives, ouvrages, articles, thèses) et orales exploitées pour la réalisation du présent travail permettent d’affirmer que le caractère commun de leur patrimoine socio-culturel facilita le rapprochement de ces deux peuples et leur permit d’affronter la domination sans perdre leur identité. L’hospitalité, la perpétuation des échanges commerciaux inter-royaumes, pratiques séculaires héritées des anciens, la culture politique développée des siècles durant et transmis d’âge en âge par les Bamoun et les Banso avant l’arrivée des Européens leur permirent de surmonter les difficultés liées à la frontière.
Après la Deuxième Guerre mondiale, un vent de liberté parcours fiévreusement les colonies et territoires sous administration française en Afrique. Au Cameroun, le parti politique dénommé : Union des Populations du Cameroun (UPC) voit le... more
Après la Deuxième Guerre mondiale, un vent de liberté parcours fiévreusement les colonies et territoires sous administration française en Afrique. Au Cameroun, le parti politique dénommé : Union des Populations du Cameroun (UPC) voit le jour en 1948. Il pose clairement contre la volonté de la France la question d'indépendance du Cameroun. Interdit par le gouvernement français en juillet 1955, ce parti politique est contraint au maquis et à prendre les armes jusqu'en 1971. Comme les autres peuples installés en pays bamiléké, les bergers ''Mbororo'' prirent une part active au fonctionnement puis à la destruction du maquis. Cette entreprise dichotomique suscite la question de savoir quelle a été la contribution des mbororos à la survie puis à la décapitation du maquis? L'exploitation des sources écrites et des résultats d'enquêtes de terrain révèle que les bergers mbororo contribuèrent aux côtés des combattants maquisards comme ravitailleurs, informateurs, coursiers et sorciers-rebelles. Aux côtés des autorités légales, ils servirent comme agents de renseignements, d'espionnage et comme membres d'autodéfenses pour la pacification de l'Ouest-Cameroun.
- by Jules Kouosseu
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